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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 09:33

  Autant les vacances sont faites pour constituer des moments agréables loin des contraintes de la vie quotidienne, autant les journées passées à accomplir le trajet aller ou retour comptent généralement parmi les plus pénibles de l'année.

  Cet été, nous avions déjà plusieurs centaines de kilomètres sous les roues, passés à parcourir d'immenses paysages désespérément monotones, lancés à vive allure sur l'autoroute, avec malgré tout l'impression de nous traîner, entre la bande d'arrêt d'urgence et la glissière de sécurité, ayant pour toute distraction le choix de la file de péage la plus rapide et des considérations sur le temps pluvieux laissant mal présager de ce début de vacances.

   Malgré notre envie d'arriver le plus vite possible à destination, certaines nécessités physiologiques ont rendu indispensable un arrêt sur une aire d'autoroute remarquable uniquement par le fait qu'elle ne se distingue absolument pas des autres dizaines d'aires d'autoroutes françaises. En veillant à ne pas nous diriger vers le parking poids-lourds, nous cherchons une place de stationnement, admirons l'originale architecture de la station service et le magnifique aménagement paysager des lieux, et coupons le moteur et les essuie-glace.

   Monsieur se dévoue et me laisse galamment la priorité pour rejoindre ce haut lieu de l'inégalité entre les sexes, dernier vestige de discrimination entre hommes et femmes, pourtant trop rarement combattue par les féministes : la queue des toilettes de l'aire d'autoroute. Alors que ces messieurs n'en ont que pour une ou deux minutes d'attente, la file des dames s'étend sur une dizaine de mètres, sous la pluie - j'aurais pu choisir les installations abritées et confortables de la station service, mais la queue y est au moins deux ou trois fois plus longue ; j'attends donc que le temps passe. J'ai tout loisir de constater que les autres voyageuses, comme moi, ont pensé naïvement ce matin qu'elles pouvaient se chausser de nu-pieds, tongs ou espadrilles légères pour leur départ en vacances. Grossière erreur, on patauge dans la boue. Je me félicite en revanche d'être quasiment la seule à pouvoir m'abriter sous un parapluie. La file d'attente avance à un rythme désespérément lent. Je pense à Monsieur et aux enfants, calfeutrés dans la voiture, pour qui l'attente doit être longue aussi ; je détermine un algorithme qui me permet de calculer la durée moyenne du passage d'une personne dans ces "lieux d'aisance", si l'on peut dire, et j'en déduis qu'il ne me reste pas moins de quinze minutes d'attente. Mes consœurs devant moi sont de plus en plus trempées, les shorts et petits vêtements d'été dégoulinent, tandis que le bruit régulier et tout aussi humide de la chasse d'eau, suivi d'un grincement de porte, annonce la sortie de chaque voyageuse enfin délivrée de la corvée, et précède un imperceptible mouvement de progression de la file d'attente. Au bout de longues minutes, j'entrevois enfin l'intérieur du sanctuaire et les portes des trois cabines qu'il abrite. C'est alors que l'une des dix femmes qui me séparent encore du but tant espéré s'avance, mue par une découverte extraordinaire autant que salutaire.

   Sur les trois cabines, une seule est réellement utilisée par ces dames de la file d'attente. Deux autres, en parfait état de fonctionnement, ont été boudées, au moins depuis mon arrivée, par toutes les utilisatrices, se limitant volontairement à la fréquentation de la troisième, triplant par conséquent la durée d'attente. Pourquoi donc ? Pour quelle raison ces femmes consentaient-elles toutes à piétiner dans la boue, trempées jusqu'aux os par la pluie froide ? Tout simplement parce que, contrairement à la troisième cabine, il s'agissait de WC à la turque.

   Je ne vais pas vous mentir en vous disant que j'aime les WC à la turque. Mais plutôt que de perdre encore dix minutes à m'impatienter sous l'averse, j'ai pris mon courage à deux mains, et je suis entrée, doublant le reste de la file, en maudissant les extraordinaires exigences de toutes celles qui m'avaient fait perdre de précieuses minutes dans des conditions de température et de pression atmosphériques aussi défavorables.

   Faut-il encore s'étonner si on traite les filles de chochottes ?

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Published by Albane - dans Toutes
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commentaires

virginieQ 03/09/2011 20:18


@cineman : un seul toilette suffit alors !


Cinéman 03/09/2011 19:00


Je me permets de rappeler au FLP nouvellement créé que certains besoins ne peuvent pas se faire de façon express derrière un arbre, même pour les hommes !


virginieQ 02/09/2011 19:50


je milite pour des toilettes 100% femmes dans les aires d'autoroutes ! Monsieur peut, lui, faire son besoin express contre un arbre et ça cache son attirail ;)

Vivre le FLP (front de libération des Pisseuuses !)

[j'avais mis un autre commentaire mais il n'est pas passé]


Albane 03/09/2011 08:31



Je vois que je ne suis pas la seule à être indignée et cela fait plaisir !



virginieQ 02/09/2011 18:44


je ne vais pas dire qu'il ne faudrait QUE des toilettes pour femmes parce qu'on me traiterait de féministe .. Mais siiiiiii , punaise, ces files d'attente sont interminables.... Monsieur lui il lui
faut juste un arbre pour cacher son attirail !

A quand un Front des Pisseuses ? ;)


Serge 02/09/2011 18:05


@ Ginger : plus d'endrois pour les femmes que pour les hommes ? et pui quoi encore ? au non de l'égalité dè sex (même si les hommes sont kan même supérieur aux femme mai bon on è galand) je dis non
tou nette


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