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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:30

Lors de la rencontre de blogueurs dont je vous avais fait le compte-rendu en octobre dernier, Stiop, Ginger et moi-même avions évoqué le projet d’un défi d’écriture à relever entre blogueurs. Avais-je abusé de la boisson ou était-ce l’heure tardive, toujours est-il que j’ai accepté, sans méfiance, et avec enthousiasme, l’idée soulevée.

« Je vous envoie très vite un thème à traiter sur vos blogs », nous a promis Ginger avant que nous nous séparions. 

Quelques jours plus tard, je recevais le thème en question dans un mail envoyé par Ginger elle-même. Que n’ai-je regretté alors de m’être engagée si vite, rompant avec ma traditionnelle ligne de conduite : « La meilleure façon de tenir ses promesses, c’est de ne pas en faire ». Vous comprendrez mon désarroi lorsque vous aurez pris connaissance du sujet à traiter (avec délai imposé à respecter impérativement, merci Ginger) :

« L’endocrâne est-il mathématisable ? »

(en fait vous le saviez déjà, c’était le titre de l’article (pour ceux qui suivent))

J’ai commencé par laisser passer le temps, plusieurs jours, plusieurs semaines, en attente de la lueur d’inspiration salvatrice. J’ai eu beau m’appliquer consciencieusement à ne rien faire, rien n’est venu à mon esprit. C’est alors que j’ai commencé à m’inquiéter, et à me gratter le crâne, espérant – en vain – que ce mouvement de friction réveillerait justement les ressources des profondeurs de mon endocrâne.

Les pensées qui me venaient alors à l’esprit me paraissaient tellement creuses que je me suis alors demandé si, vraiment, je possédais un endocrâne, ce qui éventuellement aurait constitué un motif de dispense pour l’exercice commandé par Ginger, mais à défaut de pouvoir passer une IRM dans les temps je ne pouvais en apporter la preuve.

J’avais abandonné la lutte, et, en proie au découragement et à la honte, j’étais sur le point de renoncer, de fermer mon blog, mon compte facebook, et de disparaître virtuellement de la blogosphère, quand j’ai ressenti soudain une profonde envie de dormir. Je ne l’avais pas encore compris, mais c’était mon endocrâne qui, enfin, décidait de se réveiller, et de s’exprimer par le langage des rêves.

Je sombrais dans un sommeil profond.

Vous avez tous, comme moi, des rêves récurrents, je le suppose. Des rêves où par exemple vous avez un train à prendre dans très exactement trois minutes, alors que vous habitez à une heure de la gare, que vous avez raté votre bus, que vous n’avez pas bouclé votre valise, que celle-ci, en outre, est introuvable, comme votre billet de train d’ailleurs, et que vous êtes encore en pyjama ou, à la rigueur, en maillot de bain.

Ce n’est pas ce genre de rêve que j’ai fait, mais un autre rêve récurrent tout aussi pénible qui hante mes nuits depuis plus de dix ans, plus précisément depuis que j’ai passé certains concours durant mes études.

Dans ce rêve, il est vingt-deux heures environ, et je me rends compte soudainement que, justement le lendemain matin, j’ai un examen à passer. Un examen de mathématiques portant sur un sujet aussi emballant que, par exemple, «La topologie des fractions rationnelles dans un ensemble complexe muni d’une loi commutative à élément neutre » ou bien « Les équations différentielles à coordonnées polaires et intégrales multiples en algèbre bi-linéaire ». Bien évidemment, je n’ai pas commencé la moindre révision. Il me reste deux heures pour absorber environ 78 pages de théorèmes, démonstrations et corollaires divers avant de plancher sur les 246 questions du sujet (« Vous avez deux heures, calculatrices interdites ! »)

Autant vous dire que le réveil m’a apporté, comme à chaque fois, un soulagement intense. Je me suis retrouvée dans ma familière existence extraordinairement banale, où les problèmes à résoudre se trouvent enfin à ma portée, comme par exemple : « A quelle heure faire démarrer une lessive de 90 minutes pour avoir le temps de l’étendre avant la sortie de l’école à 11h30 ? » ou bien « Si un poulet cuit en vingt minutes par livre, combien de temps pour un poulet de 1,5 kg ? ».

Et tandis que je lançais ma lessive dans les temps (et sans calculatrice !), j’ai eu le flash, celui que j’attendais depuis que j’avais reçu le défi de Ginger.

Oui, l’endocrâne est bel et bien mathématisable.

Du moins, à l’évidence, fourmillant comme il est de problèmes (insolubles), d’équations (non résolues), d’hypothèses (mal posées) et de théorèmes (incomplets) n’attendant que le repos du sommeil pour se manifester dans toute la froideur de leur terrible abstraction à mon esprit :

Mon endocrâne est fortement mathématisé.

Hélas.

Je ne sais si cette prise de conscience m’aidera à coexister en paix avec cette partie arithmétique et algébrique de mon esprit, toujours est-il que le défi lancé par Ginger m’aura permis d’approfondir la connaissance que j’ai de moi-même, et pour cela je ne la remercierai jamais assez.

 

maths.jpg

Fais de beaux rêves, Albane…

 

Bon, et maintenant, qui veut participer au prochain défi ?

 

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Published by Albane - dans Toutes
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commentaires

so 09/01/2014 14:16

endocrâne et mathématisable. Je ne comprends ni l'un ni l'autre de ces mots ... Et pourtant j'ai lu jusqu'au bout. Et j'ai même souri. Tu es très forte Albane.
JE te souhaite un très belle et bonne année 2014, pleine d'inspiration net de jolis textes.
merci pour ta visite chez moi.

Albane 12/01/2014 23:18



Merci So, et promis, j'arrête de parler maths sur ce blog ! Belle année 2014 !



Bécasse 08/01/2014 16:21

Votre endocrâne est sûrement mathématisable... le mien l'est nettement moins parce que j'ai eu beaucoup de mal à vous suivre, que je ne suis pas sûre d'avoir bien compris, que je me sens très bête
tout d'un coup, et que je suis sûre d'avoir attrappé la migraine.
A se demander si j'ai un quelconque endocrâne... je sens que je ne vais pas tarder à rêver que j'ai un examen dans 2 heures et que je n'ai pas encore entamé mes révisions...

Albane 12/01/2014 23:18



Oh non, j'espère que vos craintes ne se sont pas réalisées, je m'en sentirais coupable. La vie étudiante a ses charmes, mais être débarrassé à tout jamais des examens et des révisions, c'est
quand-même une grande satisfaction !



Madame Zèbre à Pois 07/01/2014 19:36

TOUT est mathématisable ! l'homme s'inscrit dans un cercle et un carré (Vitruve), le persil est fractal, le tournesol est une ode à la suite de Fibonacci, la coquille d'escargot est une spirale
logarithmique... en revanche, mon andouille de crâne a oublié comment résoudre les équa diff, et ça c'est drôlement vexant...

Albane 12/01/2014 23:17



Mais la suite de Fibonacci et le nombre d'or, tu sais que je me pâme devant tant de beauté ! Mais ça ne m'aide pas à résoudre les équations différentielles de mes cauchemars (d'ailleurs je me
suis empressée de tout oublier dès la fin de mes concours...)



Sous les galets 07/01/2014 10:50

Je n'ai à peu près rien compris, mais j'aime toujours autant te lire Albane...moi aussi j'ai des rêves récurrents étranges ....

Albane 12/01/2014 23:17



Ah, dis m'en plus, Galéa, je meurs d'envie de connaître tes rêves !



isis 07/01/2014 10:34

rhôoo, ces rêves récurrents où l'échec est omniprésent, c'est mon cauchemar absolu et c'est tellement prise d'endocrâne !

Albane 12/01/2014 23:17



C'est clair, c'est l'horreur, et ça a toujours l'air tellement vrai ! Bonne nuit et de beaux rêves surtout !



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  • : La trentaine, mariée, des enfants, une vie tout à fait banale en somme. Sauf que, aussi banale soit elle, la vie nous réserve toujours de pittoresques surprises. Une conversation, une gaffe, une confidence, une rencontre, une anecdote... ce sont ces faits saillants de la vie de tous les jours que je me décide à mettre par écrit.
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