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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:00

  Vous le savez tous, il y a deux semaines tombait la fête des mères, et après-demain nous fêterons la fête des pères. Dans toutes les écoles primaires de France les enfants ont travaillé assidûment à préparer de jolis cadeaux artisanaux et à mémoriser de charmants poèmes à destination de leurs mamans et de leurs papas.

  L'école de mes enfants ne l'entend pas de cette oreille. Depuis l'année dernière, l'équipe pédagogique au grand complet a décidé de la création d'une nouvelle fête remplaçant les traditionnelles fête des mères et fête des pères : la fête des parents.

  Exceptionnellement, le samedi à mi-chemin entre les deux fêtes, c'est-à-dire samedi dernier, les portes de l'école se sont ouvertes pour accueillir les enfants des classes maternelles. Disciplinés, nous avons donc laissé le réveil sonner à sept heures, afin que mon mari puisse déposer les enfants à l'heure habituelle dans leur classe. La fête des parents, c'est avant tout une grasse matinée de perdue.

  Une heure et demie plus tard, nous étions de retour à l'école, tous les deux, pour la grande célébration. Rendez-vous à dix heures dans la classe de notre aîné. Une foule de parents se pressent déjà dans la salle où les tables et chaises ont été poussées contre les murs. Les trente élèves de la classe sont assis sur le tapis d'où ils observent avec satisfaction et un peu d'étonnement le public assemblé devant eux pour la circonstance. S'en suit un émouvant moment de récitation collective : un poème pour les papas, un poème pour les mamans. Cachés derrière leurs appareils photographiques, leurs téléphones, caméscopes et reflex, les parents immortalisent le moment pendant que l'enseignante s'applique à décrire de grands gestes à visée mnémotechique pour soutenir la mémoire de ses élèves. Après les applaudissements, la distribution des cadeaux commence. « Gaspard, Apolline, Lilou... » : le concept de fête des mères et fête des pères se dissout de plus en plus : c'est un seul et même cadeau que les enfants ont préparé. Il n'y a que les parents séparés qui ont droit chacun à un présent. La fête des parents, c'est la fête du partage.

  Un quart d'heure plus tard, la même cérémonie se reproduit dans la classe inférieure, avec de nouveaux poèmes et un nouveau cadeau unique ; enfin, dans le hall de l'école, les enseignantes réunissent les enfants des différentes classes pour leur faire entonner deux ultimes chansonnettes à la gloire des parents d'élèves. C'est une école privée, et finalement, la fête des parents, c'est un peu la fête des clients.

  Le spectacle est charmant, mais je me demande si je ne préfèrerais pas une fête des mères plus traditionnelle et moins collectiviste, avec la remise du cadeau et la récitation de la poésie dans l'intimité familiale le dimanche en question. La fête des parents, c'est un peu communiste.

  En attendant, je me ressers en quiche lorraine cuisinée par les grande section au buffet dressé dans la cour. L'enseignante de mon fils aîné s'adresse à un monsieur qui, visiblement, vient tout juste d'arriver :

- Louise vous a attendu, elle pensait que vous seriez présent, elle était très triste.

- Je suis désolé, c'est moi qui ai la garde de Louise ce week-end, mon ex-femme m'avait bien dit qu'il y avait école. Mais comme elle ne pouvait assister elle-même à la fête, visiblement elle a préféré que je n'y sois pas non plus... elle ne m'a pas prévenu.

 La fête des parents, ce n'est pas toujours la fête des enfants...

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Published by Albane - dans Toutes
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commentaires

La Belette 21/06/2012 18:49

Trop triste !

Albane 22/06/2012 10:17



Tu sais que je songe parfois à sécher la prochaine fête des parents dans un an ?



Pascale 19/06/2012 16:32

Ca m'énerve aussi! On a envie de dire qu'il y a toujours eu des familles ou le père ou la mère sont absents. Des enfants orphelins de père ou de mère ce n'est pas la norme, mais que faisait on dans
les années 60? l'enfant faisait un cadeau pour sa grand mère, ou pour la personne qui comptait pour lui, mais on ne décidait pas à sa place...
Ce qui m'enerve au plus haut point c'est qu'on décide: "ok trop de parents divorcent, alors on arrête la tradition", sans se préoccuper de ce que veulent les enfants...
Enfin, bref, je dois devenir vieille???

Albane 22/06/2012 10:16



La vieillesse a du bon, alors...



Stiop 17/06/2012 14:18

C'est vrai que la notion de "parents" a un pris un coup dans l'aile depuis que les foyers se déstructurent par centaines. Le meilleur de ces fêtes n'est-il pas lorsque ton enfant te prend à part,
pose ses petites mains sur tes cheveux et te dit "bonne fête". Le reste, c'est du folklore.

Albane 22/06/2012 10:15



Je suis d'accord, ces fêtes perdent leur sens lorsqu'elles sont ainsi fêtées en collectivité.



Au petit bonheur 16/06/2012 09:36

Y en a marre de ces fêtes à la noix, qui ne correspondent à rien sous prétexte de ménager la chèvre, le chou etc...
Plus de place à l'intimité familiale au profit de minorités qui veulent se sentir à tout prix reconnues.
Les gens font des choix, ce serait bien d'en assumer eux-mêmes les conséquences. Bref, coup de gueule du matin, chagrin, pluvieux...grrr ça m'énerve ! Je précise que ce n'est pas de l'intolérance
mais une critique de l'inconséquence des gens. Un adulte fait des choix et en assume les conséquences. Ce n'est pas au monde entier de s'adapter. et dans ces choix, ce serait bien de penser un peu
au bonheur des enfants...être entourés d'adultes aimants et qui les font grandir !A y est, j'ai fini !

Albane 22/06/2012 10:14



A la fin cela ne ressemble plus à rien.



max 15/06/2012 15:03

Oui cela est bien triste. Ici en Martinique, le concept de la fête des parents est établi, aussi parce que peu d'enfants sont entourés par une maman ET un papa, bien souvent le OU le remplace.
Alors il y a eu un cadeau unique l'année dernière pour, je cite, le "référent parental" bien souvent la grand-mère. Cette année, devant le tollé de celle précedente, on est plus dans le
traditionnel, un cadeau par parent présent auprés de l'enfant. Notre société évolue, c'est ça le changement comme dirait l'Autre.... pauvres choux

Albane 15/06/2012 20:04



Il ne fait donc pas toujours bon être un enfant en Martinique...



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