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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 23:31

Pardonnez-moi ma longue absence sur ce blog au cours des dernières semaines. Je vous dois des explications, du moins c'est l'usage, et je vous dirais que le coup d'envoi de la naissance approchant, diverses raisons – telles qu'un peu de fatigue, quelques jours de vacances, des anniversaires, et divers préparatifs – m'ont tenue hélas un peu à l'écart de la blogosphère.

Désormais, alors que ses voilages nimbent une nouvelle fois le berceau installé dans notre appartement, que le choix des prénoms est définitivement arrêté, qu'une valise à moitié remplie encombre la chambre, que j'ai achevé les travaux de couture prévus pour le nouveau-né (et pour moi-même), mis un point final à notre déclaration d'impôts et à quelques autres corvées domestiques, je me fais un plaisir de vous retrouver sur ce blog avant que les événements familiaux à venir très prochainement ne m'en laissent à nouveau moins le temps.

Mais à vrai dire il s'est passé quelque chose de si extraordinaire que je ne pouvais pas ne pas vous en rendre compte sur ce blog.

Il faut que je vous raconte.

Il y a quelques jours, nous étions conviés à dîner chez des amis, ainsi que quatre autres invités, parmi lesquels l'une des figures-clés de ce blog – j'ai nommé Xavier, que sans doute vous n'avez pas oublié.

Nous avons passé une très bonne soirée, agrémentée de la conversation de ce dernier, dispensant généreusement, à l'intention des convives qui en ignoraient le détail, le récit de l'incendie de sa maison, de celui qui a suivi dans son appartement provisoire, et du goût de son fils pour les déguisements de pompiers.

Je connaissais bien-sûr les anecdotes en question, mais une chose me troublait tandis que je les entendais ainsi relatées : contrairement à son habitude, Xavier, nonchalamment accoudé au dossier de sa chaise, dégustant son couscous et vidant son verre de vin rouge, avait l'air étonnement détendu, presque serein.

J'attendais malgré tout avec une impatience croissante, et une pointe d'anxiété, le nouveau chapitre de ses aventures : un troisième incendie, ou peut-être de nouvelles malédictions familiales, éventuellement le récit d'une inondation domestique, d'un cambriolage, ou de quelque autre sinistre.

Mais rien ne vint. Jusqu'à ce que j'entende Xavier demander brutalement :

- Et savez-vous ce qui s'est passé ce matin, au match de hockey de notre fils ?

Vous imaginez combien cette question a pu éveiller ma curiosité.

- Nous avons gagné à la tombola : quatre places pour un spectacle de cirque !

Il semble bien que la chance ait tourné. Xavier, que certains parmi les lecteurs de ce blog surnommaient « Monsieur La poisse », Xavier, cette année, pourra offrir à ses enfants, au lieu du spectacle terrifiant des flammes dévastant sa maison, celui, féerique, de clowns désopilants, d'habiles jongleurs et de formidables dompteurs évoluant sur la piste sous le regard émerveillé des spectateurs.

Vous comprenez désormais que je ne pouvais garder plus longtemps cette incroyable nouvelle pour moi seule.

 

feu.jpg

Ceci dit, attention aux cracheurs de feu tout de même...

 

Et maintenant que je suis de retour, restez connectés : je reviens très vite vous solliciter !

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 10:14

Cela a été pour moi la même surprise que lorsque j'ai appris que mon professeur de physique, en cinquième, était enceinte ; que Nicolas Sarkozy allait épouser Carla Bruni, que, la première de toutes mes amies, Caroline allait avoir un bébé, que le Père Noël n'existe pas (mais qu'il existe quand même), que ma cousine Zoé allait se marier, que mon vieil ami Pierre-Xavier m'avait envoyé un mail après dix ans sans aucune nouvelles, qu'un ami, Victor, allait se faire moine, que mon amie Ludivine avait enfin terminé ses quatorze années d'études de médecine, qu'après trois garçons je venais de mettre au monde une fille (j'ai quand-même vérifié deux fois pour être sure), qu'un ami de mon mari, Loïc, avait ramené une thaïlandaise avec lui de son dernier voyage en Asie (et qu'il l'a épousée depuis), que la matière est constituée d'atomes, que le parrain de ma sœur, Jean-Gustave, était mort à l'âge de cinquante ans, et que Xavier avait subi un deuxième incendie en moins d'un mois.

Le choc que j'ai ressenti concerne un individu que je croise tous les matins devant sa maison depuis trois ans. Un peu plus sec l'hiver, un peu plus vert l'été, l'air toujours un peu revêche, il n'a quasiment pas changé au cours des derniers mois, et je le réduisais, trop vite sans doute, à ses grandes qualités culinaires.

Jusqu'à ce que, hier matin, en passant devant lui, je découvre que le pied de romarin qui orne l'un des jardinets de la rue d'à côté, était en fleurs. De délicates petites fleurs bleues discrètes dont jamais je n'aurais soupçonné l'existence entre les branches vertes aux feuilles dures et coriaces.

 

 romarin.JPG

J'ai descendu dans mon jardin...

 

Autant vous dire que désormais, plus rien ne peut m'étonner.

A moins que vous ne m'appreniez que Tante Ursule vient de me léguer toute sa fortune...

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 09:43

Discrètement abrité des regards, il se fait oublier, toute l'année, ne se laissant apercevoir qu'à condition de pencher la tête par la fenêtre de la chambre au Nord. Il se fait oublier, sauf lorsque les temps sont mûrs, à l'époque où le printemps envoie ses premiers signes.

Il a senti sur ses branches nues un rayon inattendu, et avec la lumière douce qui baignait sa ramure une douce chaleur a réchauffé sa sève endormie. Il a tressailli, redressant ses bourgeons vers le ciel et puisant dans l'azur l'espoir et la vie qui s'étaient échappés tout l'hiver. Alors, discrètement abrité des regards, une par une il a fait jaillir ses fleurs et s'est couvert de son éclatante parure blanche.

Il y a quelques jours j'ai été surprise de le voir si tôt si beau et frais, et chaque jour en levant et baissant les stores, j'ai penché la tête par la fenêtre de la chambre au Nord pour voir éclore sur ses branches frêles les boutons immaculés, duveteux et soyeux dans la fraîcheur de l'aube ou la douceur du couchant doré. Dans sa blancheur virginale, à peine effleuré par un souffle de vent, nourri de la seule pureté de l'air, discrètement abrité des regards, il offrait fièrement sa splendeur printanière au bleu profond des cieux limpides.

Mais cette nuit le vent s'est levé et l'averse tombe sans discontinuer, abattant sans pitié à terre les fragiles pétales blancs alourdis par les gouttes. Le ciel couvert est d'un blanc grisâtre et dans la brume les pauvres fleurs flétries semblent devenues grises aussi. Le printemps est venu, le printemps est parti, et quand il reviendra le petit arbre aura perdu toute sa parure.

Mais la vie, mais l'espoir, malgré la pluie, malgré le froid, ne s'endormiront pas, et quand il reviendra le printemps trouvera le petit arbre couvert de feuilles tendres et attendant l'été.

 

2-4953-copie-2.JPG

 

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 23:01

Février 2011

 

L'aîné de mes enfants, âgé de trois ans, attrape un banal rhume. Le malade ne sachant pas encore se moucher malgré mes invitations répétées, le rhume dégénère quelques jours plus tard en une vilaine bronchite.

Je me rends au cabinet médical : le Docteur Philippe, un jeune médecin de trente ans environ, tout juste sorti de l'internat, nous reçoit et examine son petit patient.

« Il sait se moucher ? » interroge-t-il la mère sur un ton sévère. «  Parce que, à son âge, il devrait savoir, quand-même. »

Je suis partie un peu penaude, avec mon ordonnance et la désagréable impression de m'être fait réprimander personnellement pour mes lacunes éducatives et leurs néfastes conséquences sur la santé de mes enfants.

 

Février 2014

 

Le troisième de mes enfants, âgé de trois ans, attrape un banal rhume. Le malade ne sachant pas encore se moucher malgré mes invitations répétées (je vous ai dit qu'ils avaient du sang breton dans les veines ?), le rhume dégénère quelques jours plus tard en une douloureuse otite.

Avec un peu d'appréhension, je me rends au cabinet médical : le Docteur Philippe, médecin encore jeune de trente-trois ans environ nous reçoit et examine son petit patient.

« Tu sais te moucher ? » interroge-t-il l'enfant sur un ton compréhensif. « Parce que si tu ne te mouches pas, tu vas avoir mal aux oreilles à chaque fois que tu seras enrhumé. Je suis sûr que tu vas faire un effort, tu es un grand garçon, non ? »

Je suis partie soulagée, avec mon ordonnance, et l'impression surprenante que trois ans peuvent réellement changer un homme.

Surtout si, comme c'est le cas pour le Docteur Philippe, il a eu deux enfants dans le même laps de temps.

 

Docteur

 

 


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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 07:00

Après Aymeric, c'était au tour d'Alex, un camarade de classe de l'un de mes fils, de venir déjeuner à la maison. Tout en servant les spaghettis à la bolognaise (dont Alex n'a mangé que les pâtes en laissant la sauce), je lui ai posé quelques questions.

- Et tu t'entends bien avec tes frère et sœur ?

- Des fois oui, des fois non.

- Tu aimes bien aller à l'école ?

- Des fois oui, des fois non.

- Ils sont sévères, tes parents ?

- Des fois oui, des fois non.

Je commençais à regretter intérieurement le peu de détails livrés par notre invité au long de cette série de réponses de normand, quand tout à coup Alex a rajouté :

- Des fois mes parents se disputent.

Cela ne m'étonne pas du tout. J'apprécie beaucoup la maman d'Alex qui est une amie, mais je me suis toujours dit que son mari me paraissait un peu lourd. Intérieurement je me félicite en souriant de ma perspicacité en matière conjugale, quand j'entends une réponse imprévue fuser :

- Oh oui, les miens aussi !

Je décoche un regard sombre à l'auteur de cette répartie, qui n'est autre que mon fils aîné. Puis je rectifie :

- On ne se dispute pas, on discute, ton papa et moi. Sur un ton un peu soutenu, peut-être, mais on discute. Et rarement, en plus.

Il y a certaines nuances qui échappent aux enfants, et c'est bien malheureux.

J'en étais là de mes sombres réflexions, lorsque j'entendis Alex apporter la précision suivante :

- Et des fois quand ils se disputent ils disent des gros mots.

Je relève la tête fièrement. Mon mari et moi, quand il nous arrive - rarement - de discuter sur un ton un peu soutenu, nous ne disons pas de gros mots.

L'honneur est sauf.

 

 

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 07:00

Dans la vie, il y a toutes sortes de coups. Les coups qui blessent et ceux qui tuent – coups de bâton, coups de poignard ou coups de massue, ceux qui sonnent, des coups de cymbales aux coups de tambour, ceux qui tombent tels les coups de foudre et ceux qui s'envolent, coups d'aile et coups de vents, ceux qui émeuvent – coups de foudre et coups de cœur, ceux qui attristent – coups de blues et coups de cafard ; ceux qui chauffent et ceux qui glacent – coups de chaud, coup de froid ; les coups de Jarnac qui trahissent et les coups de grâce qui achèvent.

 

Ceux que la vie nous réserve, coups du sort et coups de théâtre, ceux qui tentent, coups d'essai et coups de chance, ceux qui soulagent, coups de pouce et coups de main, ceux qui surprennent : coups de folie, coup de génie.

 

Il y a ceux qui pleuvent et ceux qui volent, ceux qu'on porte et ceux qu'on reçoit, ceux qu'on rend coup pour coup, ceux qu'on accuse et ceux qu'on paye ; les coups de génie et les coups pour rien ; les trois coups, les douze coups de minuit, les quatre cents coups et les volées de coups ; les coups de jeune, les coups de vieux, les coups de tête, les coups doubles, les coups d'état. Il y a le coup de l'étrier et les coups de folie, les coups du lapin et les coups de bec, les coups de filet et les coups de maître, les coups tordus, les coups fourrés, les coups de chance.

 

Durs ou secs, puissants, violents, bas ou défendus, fourrés ou montés, nombreux sont les mauvais coups...

 

Mais pour le coup, il en est de doux, de légers, comme des caresses, plein de promesses, ce sont les coups – coups de pieds, coups de poings – que je ressens de l'intérieur, ceux qui me prouvent qu'à coup sûr un jour prochain de la fin du printemps, agrandissant encore un coup la famille, notre cinquième enfant tout à coup jettera son premier coup d’œil sur le monde.

 

muguet.jpg

Coup d'envoi prévu fin mai !

 

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 09:01

Oui, c'est un peu à contretemps que je rejoins le ballet, car beaucoup d'entre vous ont déjà dansé depuis longtemps sur la même musique. Mais comme je me trouvais fort occupée, ainsi que je vous l'ai déjà expliqué, à faire danser ma bobine et mon aiguille, j'ai laissé passer deux semaines depuis que j'ai eu le bonheur de me trouver tagguée par Alphonsine :

tag.JPG

Les règles du tag du blogueur convivial sont très simples :

1. Lorsque tu apprendras que tu as été désigné, te réjouir tu devras. Danser la gigue et arborer le logo de ce tag sur ton blog tu feras.

2. Pour remercier celui qui t'a désigné, un petit texte tu rédigeras.

3. Puis, les 10 internautes les plus bavards sur ton blog tu nommeras.

4. Les prévenir (sur leur blog) de ton méfait tu devras.

5. Faire ce tag une seule fois tu pourras.

 

Cela ne m'a pas empêchée sur le coup, de joie, d'effectuer deux ou trois entrechats (souvenirs du temps lointain où je chaussais mes pointes et enfilais mon tutu) et quelques triples axels (en prévision du temps lointain où je deviendrai patineuse artistique de haut niveau).

Car Alphonsine est une blogueuse – et amie – dont je suis fidèlement les aventures transfrontalières, et c'est avec plaisir que je la rejoins sur la piste pour entamer avec elle une chorégraphie en duo sur fond de décor de montagnes enneigées, entourées d'une centaine de moutons en guise de figurants, au son d'un orchestre de cors des Alpes et de clochettes de troupeaux alpins.

Il me reste à sélectionner 10 internautes les plus bavards sur mon blog, mais je crains qu'ils n'aient déjà presque tous été taggés déjà... or comme ils n'ont l'autorisation de ne danser qu'une fois ce tag, je renonce à les nommer. Que ceux qui ne seraient pas encore entrés dans la danse n'hésitent pas cependant à se lancer : danse du canard ou valse viennoise, tous les styles sont permis !

 

 

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 07:00

Je me sens un peu confuse : voilà quelques jours, trop de jours, que je n'ai rien publié sur ce blog.

J'en suis responsable, certes, mais permettez-moi aussi de désigner la principale coupable, celle qui a fait son entrée il y a quelques semaines dans mon foyer et qui m'a détournée de mon clavier tout neuf. C'est elle qui, ces jours derniers, m'a irrésistiblement attirée à elle, et c'est devant elle que je me suis assise cette semaine au lieu de m'installer devant mon écran.

Il faut dire qu'elle a su me charmer. Il suffit d'une pression sur la pédale pour qu'elle commence à ronronner doucement, et que, mue par cette musique entraînante, elle se mette à danser. Un pas à gauche, un pas à droite, en avant, en arrière, l'aiguille se lève et s'abaisse avec une régularité mécanique et docile, traçant en pointillés son empreinte sur le tissu qui défile sous sa pointe, tandis que tout là-haut virevolte telle une ballerine la bobine qui déroule son fil dans un tourbillon effréné.

Et en quelques pressions de pédale, et quelques coups de ciseaux, le miracle s'accomplit. Le coupon plat prend forme et, pli par pli, point par point, fronce après fronce, sur le plateau de la machine à coudre, l'ouvrage apparaît, imparfait certes sous les doigts de la couturière débutante, mais qu'il remplit tout de même de satisfaction et de fierté.

Il ne manque qu'une chose : un peu de soleil, pour le voir porté sur de petites épaules potelées plutôt que sur le bois d'un cintre.

 

couture-robe.JPG

 

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:24

Vous l'ignoriez peut-être, mais j'exerce un charme fou sur les autres. C'est même plus qu'un charme, c'est un envoûtement qui ne laisse personne, dans mon entourage, indifférent à ma personne. Je passe dans la rue, on se retourne. Je sors d'un bâtiment, on m'interpelle. Par mon prénom. Je suis en pleine conversation, on m'interrompt pour me demander de mes nouvelles et pour exprimer son admiration (je ne signe pas d'autographes).

Prenons un exemple, un seul.

Il s'agit de Juliette. En fait je ne sais même pas comment elle s'appelle ; j'ai dû le savoir une fois mais j'ai oublié (vous croyez qu'Angelina Jolie connaît le nom de tous ses fans ?) - appelons-la Juliette le temps du billet. Par contre, Juliette, elle, connaît mon prénom par cœur.

La première fois que je m'en suis rendu compte, c'était il y a un an, pendant une soirée. Juliette s'est approchée de moi. Je connais Juliette de vue, je dois la croiser une demi-douzaine de fois dans l'année à l'école où comme moi elle dépose ses enfants.

- Bonjour Albane !

Comme je vous le disais, j'ignorais totalement son prénom.

- Cela fait longtemps qu'on ne s'est pas vues !

En fait je ne me souvenais même pas qu'on se connaissait...

- Comment va ta petite dernière ?

Elle a pourtant l'air de ne pas me confondre avec une autre.

- Tu sais que je t'admire, avec tes quatre enfants ?

En plus elle m'admire... On a beau être un habitué, je pense que ce genre de déclaration fait toujours plaisir. J'ai fermé les yeux et savouré l'instant et le compliment.

Le plus beau c'est que cette admiration ne semble pas faiblir. Ce matin encore, alors que je passais dans la rue courbant la tête sous la pluie, j'ai sursauté tout à coup :

- Bonjour Albane !

C'était encore Juliette, qui me saluait depuis le trottoir d'en face, cinquante mètres plus loin, en me faisant un grand signe de la main.

- Bonjour …. ! ai-je répondu en souriant, parce que la célébrité n'empêche pas d'être aimable, et parce que je ne connais toujours pas son prénom.

C'était un exemple du charme que j'exerce sur les autres. A vrai dire, pour être honnête, c'est le seul exemple que je pourrais vous citer, Juliette étant – hélas – la seule personne au monde à se montrer sensible à mon aura. Les autres ne connaissent que rarement mon prénom, ne m'interpellent pas depuis le trottoir d'en face, ne se retournent pas sur mon passage et ne me signifient que rarement leur admiration pour moi.

Il n'empêche, je suis bien contente, parce que j'aurais très bien pu ne jamais rencontrer Juliette et passer ma vie entière dans l'ignorance totale de ce charisme fou que je dégage (à l'égard de sa seule personne).

Et puis si vraiment j'ai envie que les gens se retournent sur mon passage, je n'ai qu'à porter ma capeline rouge vif : effet garanti.

 

capeline-rouge.jpg

Comme cela, vous allez connaître toute ma collection de chapeaux

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:34

Un jour, j'ai rencontré mon futur mari, et un autre jour je l'ai épousé. Mais ni l'un ni l'autre de ces deux jours, ni aucun de ceux qui se sont passés entre eux, je n'ai pensé que mon mariage révolutionnerait ma vie autant qu'il l'a fait.

 

Bien-sûr, je m'attendais à certains changements. J'ai désormais quatre enfants que je ne connaissais pas le moins du monde auparavant, un écran de télévision d'une taille démesurée, une collection de chaussures pointure 45 dans mes armoires, de chemises bleues dans la penderie et de chaussettes noires dans un tiroir, des comics de Spiderman dans mes étagères, l'intégrale Star Wars dans ma DVDthèque, une gravure représentant un vieux pont levant de Brest pendue à un mur et une autre, un trois mâts quelconque, encadrée d'une baguette dorée passablement défraîchie.

 

Rien de tout cela, à vrai dire, n'a été tout à fait inattendu. Je me doutais bien en me mariant qu'il me faudrait partager des armoires, des étagères et des penderies, et qu'au milieu de tous ces meubles naîtraient quelques enfants qui auraient les yeux de leur père et le sourire de leur mère – ou le contraire.

 

Le changement dont je parle a été bien plus insidieux, bien plus profond que tout cela. Au début j'y voyais une simple habitude superficielle, susceptible, comme beaucoup d'habitudes, d'être modifiée au gré des circonstances. Jamais je n'avais ressenti l'attachement fondamental et viscéral que celle-ci représente en réalité. Plus qu'une habitude, ce sont avant tout des convictions familiales, transmises de père en fils et de mère en fille, le reflet de traditions régionales millénaires, de coutumes absorbées dès le sein maternel depuis des générations. C'est un art de vivre, mais avant tout une pratique essentielle et quasi superstitieuse, de celles qui créent un gouffre immense entre ceux qui s'y adonnent et ceux qui n'y adhèrent pas.

 

J'ai vite compris que je ne pouvais m'opposer à de tels préceptes, le jour où j'ai mis mon mari dans l'impossibilité de pratiquer le rituel du matin. Autant vous dire que je n'ai jamais recommencé.

 

Pourtant, pendant longtemps, nos deux pratiques ont cohabité côte à côte : chacun a poursuivi dans ses habitudes, dans un esprit d'ailleurs on ne peut plus pacifique et tolérant. Mais quelque chose manquait peut-être encore à l'harmonie du ménage...

 

Car petit à petit, je m'y suis mise. J'ai commencé doucement mon initiation. Je me suis laissée toucher par la saveur de cet usage, plus encore lorsque les enfants l'un après l'autre, ont embrassé la religion de leur père. A quoi bon continuer seule dans cette voie qui, de plus en plus, me paraissait fade et insipide ?

 

Alors j'ai fait le grand saut et j'ai sacrifié mon ancienne vie sur l'autel de mes nouvelles croyances. Tout, depuis, a changé définitivement... du contenu de mon réfrigérateur à ma manière de faire de la pâtisserie.

 

A vrai dire, j'aurais peut-être pu me douter il y a quelques années déjà qu'en épousant un breton j'allais forcément, un jour ou l'autre, abjurer mon ancienne affection pour le beurre doux et adopter à tout jamais le beurre demi-sel comme seul et unique représentant de son espèce, allant jusqu'à confesser une vénération sans limite au caramel au beurre salé.

 


Il y a quand-même des conversions plus faciles que d'autres...

 

En revanche, rassurez-vous, ce n'est pas parce que j'ai confectionné hier ma galette des rois avec du beurre demi-sel que j'accepterai un jour de sortir l'immense drapeau breton du placard où il est rangé depuis que mon mari a quitté sa chambre d'étudiant...

 

Il n'y a pas que les bretons qui savent être têtus.

 

 

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  • : Les extraordinaires banalites d'Albane
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  • : La trentaine, mariée, des enfants, une vie tout à fait banale en somme. Sauf que, aussi banale soit elle, la vie nous réserve toujours de pittoresques surprises. Une conversation, une gaffe, une confidence, une rencontre, une anecdote... ce sont ces faits saillants de la vie de tous les jours que je me décide à mettre par écrit.
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