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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 07:00

J'ai une sœur. Avant, quand j'étais petite, on me disait que je ressemblais plutôt à mon frère, mais depuis quelques années la ressemblance s'est sans doute quelque peu atténuée, en tout cas je n'entends plus personne le dire (c'est peut-être une bonne chose, il chausse du 45 et fait un peu plus viril que la moyenne des femmes).

 

Avec ma sœur, c'est différent, on ne se ressemble pas du tout. On a partagé beaucoup de choses, c'est vrai : la même enfance, les mêmes parents, la même chambre, des dizaines de paquets de choco-BN, notre premier achat de rouge à lèvre pour le mariage d'une cousine, des heures et des heures à faire trempette dans la Manche ou dans des lacs glacés du Jura, la banquette arrière de la golf familiale, les truffes au chocolat de notre grand-mère paternelle, les pims de notre grand-mère maternelle, des tubes de crème solaire indice 60, les télésièges en chantant Céline Dion à tue-tête, les éternelles virées shopping au Promod de notre petite ville de province, Princesse Sarah, Joe Dassin, Madame Parquet, notre institutrice en CM2, Valérie Pollequier, la voisine du dessus, le premier Koh-Lanta et encore deux ou trois petites choses.

 

Malgré cela nous sommes très différentes. Je suis châtain, elle est blonde, j'avais des lunettes, elle a porté un appareil dentaire, j'ai eu Madame Duroi en moyenne section, elle a eu Madame Brèche, elle n'aime que les épinards, ce sont les seuls légumes que je n'aime pas, elle a un mac, j'ai un PC, j'ai eu ma période Francis Cabrel, elle était plutôt Jean-Jacques Goldman, elle me tient au courant des derniers buzz, je la conseille pour la cuisson d'un cake au saumon, j'ai fait du latin, elle du grec ancien, elle était l'aînée, moi la cadette, mais il se peut aussi que je confonde un peu.

 

Pourtant, à partir du moment où nous étions au lycée, les gens ont commencé à trouver que nous nous ressemblions. « La même tête. Non mais la même tête, quoi !», disaient les autres dans la queue de la cantine. « Ta sœur et toi vous vous habillez pareil » - c'était faux, je portais un jean ober, elle un cimarron, un gros pull col V bleu marine, le sien était vert, mais il est vrai que nous avions toutes les deux un sac à dos Quicksilver. Et puis un jour, nous nous sommes rendu compte qu'un ami de notre frère qui nous connaissait toutes les deux nous avait prises l'une pour l'autre pendant au moins trois ans ; quant au facteur de mes parents, il demande souvent à ma sœur comment vont ses enfants, sauf qu'elle n'en a pas.

 

Bref, nous avons fini par nous rendre à l'évidence, il doit y avoir un peu de ressemblance entre nous. Heureusement, nous avons grandi, mûri, affirmé nos personnalités, et trouvé chacune un style vestimentaire bien à nous, ayant – à regret – remisé nos sacs à dos Quicksilver et nos gros pulls à col en V.

 

Sauf que, hier, nous nous sommes retrouvées chez mes parents autour d'une bonne fondue bourguignonne : nous portions toutes les deux, sans nous être concertées, une robe courte, taille haute, manches ballon, un sous-pull, des collants opaques, les cheveux sur les épaules et un pendentif rond ajouré au bout d'une longue chaîne dorée. Et encore, nous n'avions pas mis nos boucles d'oreille en nacre, celles que nous avons achetées ensemble, en double, lors d'une vente privée.

 

La seule différence, finalement, c'était la couleur de la fourchette à fondue.

 

photo-Les-Demoiselles-de-Rochefort-1967-14

« Bon, tout va bien, on a réussi à ne pas s'habiller pareil aujourd'hui. »

 

Et vous, avec vos frères et sœurs, faux jumeaux ou vrais sosies ?  

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 07:00

La littérature enfantine recèle des trésors, et ce n'est pas mon amie Ginger, grande amatrice de la collection « Max et Lili » qui me contredirait ; vous vous souvenez peut-être aussi du joli livre « Le petit bateau de Petit Ours » dont je vous avais parlé il y a quelques mois.

Grâce à mon fils qui l'a choisi à la bibliothèque de son école, j'ai déniché une nouvelle perle à vous présenter :

 Pierre-fait-tout-de-travers1 carre 192

Pierre fait tout de travers

Rien qu'à lire le titre de la collection, « Les autres et moi », vous aurez compris qu'il s'agit d'un livre éducatif, l'un de ces précieux ouvrages destinés à aider nos enfants à trouver leur place dans la société.

L'histoire m'a paru si juste, et si universelle que je ne peux m'empêcher de vous la raconter.

Pierre est un charmant petit lapin, avec de jolies oreilles en forme de saucisses. Mais Pierre, que j'estime vieux de quatre ou cinq ans (en âge humain – j'ignore la correspondance en âge lapin), Pierre a un gros défaut : il est très maladroit. Regardez plutôt : il a mis sa chemise à l'envers et il dort les pieds sur l'oreiller.

IMG 2884

Jusque là, rien de très exceptionnel, me direz-vous.

Mais les maladresses de Pierre ne s'arrêtent pas là. Au cours de la même journée, Pierre se prend les pieds dans les draps, renverse son bol de chocolat chaud, éclabousse ses camarades dans la piscine, projette de grosses gouttes d'encre sur le cahier de sa voisine, et j'en passe, alors qu'à côté de lui ses frères, sœurs et camarades de classe de l'école maternelle des lapins manifestent une grande maîtrise et une parfaite habileté dans tous les domaines. Une fatalité implacable s'acharne sur le pauvre Pierre qui, immanquablement, sans le vouloir, sans même comprendre comment, crée autant de catastrophes en une minute que Mister Bean en dix épisodes.

IMG 2885

Mais l'entourage du petit Pierre ne connait pas Mister Bean, et la patience lapine a ses limites. Autant vous dire que le personnage, aussi gentil qu'il soit, commence à exaspérer sérieusement tous ses proches. Pierre, qui, à défaut d'être adroit, est un petit lapin sensible, en ressent une grande tristesse, les yeux si pleins de larmes qu'il ne pense même pas à éviter les flaques de boue.

IMG 2887

Cette fois c'en est trop, Pierre se fait gronder par sa maman, qui, fronçant les sourcils, ne se rend pas compte que son maladroit de fils a le cœur gros – sans doute avait-elle oublié ses lunettes car le lecteur, lui, a le cœur serré à la vue du coupable, penaud, tête baissée, oreilles tombantes, pleurant à chaudes larmes.

IMG 2886

C'est alors qu'une petite fille lapin de ses amis sonne à la porte pour venir faire de la peinture avec Pierre. Vous avez déjà deviné : il ne se passe pas deux minutes avant que Pierre ne renverse son pot de peinture.

IMG 2888

Vous pensez certainement que la situation du pauvre lapin paraît désespérée. Humainement parlant – lapinement parlant aussi, d'ailleurs – Pierre semble totalement irrécupérable, incapable de s'adapter au monde des lapins, destiné à se retrouver au ban de leur société, errant sans terrier ni clapier, semant le désordre et le chaos partout où il passera.

Mais vous vous trompez ! Car, et c'est à cela que l'on reconnaît l'auteur de talent, y compris dans le domaine confidentiel de la littérature enfantine, le dénouement brillant, inattendu et plein d'invention ne manquera pas de vous surprendre.

IMG 2889

C'est merveilleux : l'ultime maladresse du petit lapin se révèle un coup de génie ! La peinture jaune, involontairement renversée sur la bleue, fait apparaître une nouvelle couleur, une énorme tâche verdâtre dégoulinante (maman lapin va devoir une fois de plus passer la serpillière) qui tire de l'amie de Pierre des cris d'enthousiasme et d'admiration tandis que notre héros retrouve enfin le sourire, goûtant un bonheur sans mélange - quoique sans doute de courte durée d'ici là prochaine maladresse, mais comme le livre se termine nous n'en saurons pas plus.

Comment ne pas être touché par cette charmante histoire si encourageante pour nos enfants ? Et pour nous tous, adultes, qui souffrons nous aussi parfois de nos maladresses, qui pouvons nous laisser aller au désespoir, qui nous heurtons à l'incompréhension d'autrui ? Heureux sommes-nous, qui savons désormais comment résoudre les pires de nos difficultés : laissons faire le hasard, car, comme le disait si bien le sympathique Jean-Claude Dusse,

on sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher.

« On ne sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher. »

jc dusse

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 07:00

Vendredi dernier, je me trouvais à la sortie de l'école, un peu derrière deux connaissances qui attendaient l'ouverture des portes en bavardant. Les échos de leur discussion parviennent jusqu'à moi.

L'une d'elles n'est autre que l'amatrice de conversations médicales récemment opérée du pied dont je vous ai déjà rapporté les propos. Son interlocutrice lui parle de son fils aîné, élève en classe de cinquième, fatigué par son travail scolaire ainsi que par sa croissance – il a pris quinze centimètres en quelques mois – et fiévreux depuis la veille.

- Quand j'habitais à Toulouse, répond la première, je connaissais un adolescent, il avait grandi extrêmement vite. Il était épuisé, il ne tenait plus sur ses jambes, il devait même marcher avec des béquilles. Et tu sais pourquoi ? Parce que ses muscles ne grandissaient pas aussi vite que le reste.

Je ne pouvais pas ne pas vous rapporter cette conversation. La prochaine fois que vous trouverez vos enfants un peu fatigués, prenez leur température, et surtout, surtout, vérifiez (un double décimètre devrait suffire) que leurs muscles grandissent aussi vite que leurs os.

Finalement, il y a peut-être encore plus de coups de pied qui se perdent que je ne le pensais...

 

courbe-croissance

Attention, la croissance tue !


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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:00

Faire la conversation, c'est tout un art. Vous avez ceux qui ne parlent que d'eux, ceux qui ne parlent que de maladies, ceux qui sont blasés de tout, ceux qui n'ont que des choses tristes à raconter, et j'en passe.

Et vous avez les enfants. Converser avec un enfant de moins de sept ans est assez spécial. Remarquez que s'il s'agit de votre propre enfant, en général la discussion ne posera pas de difficulté, habitué que vous êtes à traduire « Maman ato gato » par « Aurais-tu Maman la gentillesse de me resservir du gâteau ? » ou bien « Maman j'ai eu un point vert mais j'ai oublié mon cahier de vie au BDI» par « Maman, j'ai bien travaillé mais j'ai oublié mon cahier d'écolier à la bibliothèque ».

Mais quand vous faites la connaissance d'un enfant qui n'est pas le vôtre, en général tout se complique.

Par exemple mercredi j'avais invité à la maison un camarade de l'un de mes garçons, âgé de cinq ans, qui s'est révélé assez bavard. Et c'est ainsi qu'en servant le gâteau au chocolat confectionné pour l'occasion, j'en ai profité pour poser quelques questions à notre invité, et j'en ai tiré quelques conclusions.

 

Un enfant ignore en général tout des éléments les plus essentiels de sa vie

 Je lui ai demandé quand tombe son anniversaire.

- C'est soit à Limoges, soit à Kerpellec. C'est toujours pendant les vacances.

- Quelles vacances ?

- Je sais pas.

 

En revanche, un enfant est prêt à vous révéler des détails très indiscrets de sa vie de famille

 - Ton papa, il est sévère ?

- Oh oui, il donne des claques, et puis si on n'est vraiment pas sage, une raclée... PAF ! (geste éloquent de la main droite).

J'ai renoncé à dénoncer le père de famille à la DDASS, et je n'ai pas poussé plus loin mon interrogatoire, mais une personne plus indiscrète que je ne le suis aurait certainement obtenu des réponses précises à d'autres questions (« Et il en donne à ta maman, parfois, des raclées ? »...)

 

Ce sont parfois les mots qui manquent à l'enfant pour exprimer ses connaissances

 Je lui demande où travaille son papa.

- Eh bien nous on habite là (le garçonnet pose son doigt à gauche de son verre de jus de fruit), après il va par là (il dirige son doigt en direction de son assiette), et puis par là (il descend vers le bord de la table), ensuite par là (il tourne en direction de sa cuiller) et là il est arrivé (le doigt s'immobilise sur une miette de gâteau).

 

 

L'enfant tente d'imiter l'adulte ou de répéter ses propos (et là cela devient vraiment drôle)

 - Donc il travaille dans un bureau, ton papa ?

- Oui, mais il est tout seul dans son bureau, sinon... ça papote !

 

Au moins, je sais de qui il tient...

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 07:00

Vous vous souvenez de cette amie qui s'est fait opérer du pied et avec qui j'avais eu dernièrement une trop longue conversation médicale.

Bonne nouvelle pour elle, son médecin l'a autorisée à remettre le pied dehors après des semaines d'immobilité. L'autre jour, elle fêtait sa liberté retrouvée en allant rechercher son fils à l'école, et nous rentrions ensemble lentement, elle traînant courageusement la jambe, essoufflée par les efforts auxquels elle n'était plus habituée, gênée par la grosse chaussure médicale qui immobilise encore son pied.

Nous attendons que le feu passe au vert en bavardant de choses et d'autres. Une dame de soixante-dix ans environ arrive par derrière, tirée à quatre épingles, l'air savant et souriant, ayant visiblement remarqué la claudication de mon amie.

- Vous vous êtes fait opérer de l'hallux valgus ?

- Pas exactement, répond-elle en lui expliquant brièvement la nature de l'intervention chirurgicale.

- J'ai été opérée aussi, continue la vieille dame avec délectation. Il faut beaucoup de temps pour se remettre. C'est très long. Je peux vous le dire, c'est très long.

- Oui, cela fait déjà six semaines...

- Oui, c'est très long. Il faut au moins six mois. Je peux vous le dire, j'ai été opérée. Au moins six mois pour marcher à nouveau sans douleur.

Mon amie ne répond plus guère et guette le passage au vert.

- Au moins six mois, poursuit la dame de plus en plus souriante. C'est vraiment très long. Il faut bien au moins six mois.

Le feu vient de passer au vert. L'indiscrète vieille dame poursuit son chemin d'une démarche alerte, souriant de fierté, tout à la joie d'avoir charitablement fait part de son expérience, tandis que mon amie semble peiner davantage encore en reprenant sa marche.

Sans vouloir faire de jeu de mot, vous ne pensez pas qu'il y a parfois des coups de pied qui se perdent ?

 

batman-le-coup-de-pied-de-batman

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 07:00

 

Samedi dernier, vers 16 heures, j'étais tranquillement installée à l'ordinateur en train de chercher une destination pour nos vacances d'été, en pensant aux tartes flambées que j'allais bientôt préparer pour le soir ainsi qu'aux bières bien fraîches qui attendaient au réfrigérateur l'heure de l'apéritif.

Car je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais notre vie de bons père et mère de famille se déroule sur un rythme régulier où, sauf rares exceptions, les surprises et les imprévus surgissent aussi rarement que l'idée de faire une grasse matinée dans l'esprit d'un enfant de moins de sept ans.

Alors que je passais au crible les possibilités de locations de vacances suivant une abondante liste de critères – parking, lit bébé, jardin, lave-vaisselle... (et wifi) – correspondant aux nombreux besoins d'une famille comprenant des enfants en bas-âge (et une blogueuse), ma messagerie m'a informée de l'arrivée d'un nouveau mail.

C'est un mail d'une amie qui se prénomme Isabelle.

« Tiens, me suis-je dit, justement je pensais à Isabelle il y a quelques jours. Il y a un mois elle avait parlé de nous recevoir le 16 mars avec d'autres amis. »

Isabelle devait me confirmer cette soirée mais faute de nouvelles j'ai considéré que l'invitation ne tenait plus. Et justement, on était le samedi 16 mars. J'ouvre le mail.

« Chère Albane,

Dans l'attente de vous retrouver ce soir, je voulais vous proposer d'emmener votre bébé si cela vous facilite les choses, nous avons un lit parapluie à sa disposition.

A ce soir,

Isabelle »

Imaginez mon désarroi. J'ai aussitôt fait part de la situation à mon mari qui a paru très sensible à la gravité des événements, d'autant qu'il se réjouissait déjà à l'idée d'une bonne bière fraîche et du bon film que nous aurions regardé tranquillement depuis notre confortable canapé.

De deux choses l'une, ai-je expliqué – car je puis garder l'esprit clair et l'intelligence rapide y compris dans les situations les plus déroutantes – soit nous acceptons cette invitation à la dernière minute, soit nous appelons Isabelle, probablement occupée à faire mijoter un bon repas comme elle en a l'habitude après avoir rangé ses courses et fait le ménage dans toute sa maison, pour lui expliquer que suite à un étrange malentendu nous ne sommes pas disponibles.

La deuxième solution nous paraissant assez délicate à mettre en œuvre sans froisser la susceptibilité d'Isabelle et de son mari, nous avons opté pour la première.

Ce fut le début du branle-bas de combat : trouver à faire garder quatre enfants pour trois heures plus tard (d'où l'intérêt d'avoir de la famille charitable à proximité), dénicher une robe à peu près propre, pas trop froissée dans mon dressing (ou plutôt dans les trois morceaux d'armoires qui me servent de dressing), préparer, en guise de cadeau, une bouteille buvable dans notre cave (c'est à dire sur le morceau de carrelage le long du lave-vaisselle qui nous sert de cave), et, faute de bouteille dans la cave, nous rendre au supermarché le plus proche.

Bref, nous y sommes arrivés, et, après trois quart d'heure de route, pas peu fiers, nous avons sonné à la porte de la maison d'Isabelle, avec une bouteille à la main, une tenue présentable et seulement vingt-cinq minutes de retard.

La fierté a été de courte durée : à l'âge avancé qui est le mien, et dans l'impossibilité de faire une grasse matinée le lendemain, une nuit de cinq heures se ressent encore douloureusement plusieurs jours plus tard...

Et vous, quelles aventures extraordinaires avez-vous vécues ce week-end ?

 

la-fievre-du-samedi-soir

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 07:00

J'ai vu les cieux bas et gris mais le signe n'y était pas.

J'ai vu la neige tourbillonner mais le signe n'y était pas.

J'ai vu le froid dans le ciel étoilé mais le signe n'y était pas.

J'ai vu la grêle frapper et l'averse s'abattre mais le signe n'y était pas.

J'ai vu le givre blanc et la glace brillante mais le signe n'y était pas.

J'ai vu le vent furieux soulever la neige mais le signe n'y était pas.

 

Puis j'ai vu dans l'angle de la chambre au nord renaître le rayon fugitif qui illumine le mur quelques instants seulement avant le coucher du soleil de la fin de l'hiver à la fin de l'été.

 

 IMG 3282

 

J'y ai vu le signe du printemps.

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 07:00

Vous les attendiez avec impatience, voici les dernières nouvelles de Xavier ! Je l'ai rencontré il y a quelques jours au parc où il faisait jouer ses enfants.

 

Malgré le temps printanier, malgré le fait qu'il était en congé un mercredi après midi, Xavier n'a pas cessé de froncer les sourcils une seconde. L'air sombre, le visage émacié, les traits tirés, le regard fixement baissé, il aidait son fils à monter, descendre, monter, descendre, monter, descendre au toboggan, tout en m'exposant ses préoccupations : l'assureur qui refuse de financer les travaux suite à l'incendie de sa maison, la lourdeur des démarches administratives auprès de la mairie.

- Et lundi dernier, au distributeur automatique, j'ai récupéré ma carte et mon ticket, et je suis parti.

Il soupire.

- J'ai juste oublié de prendre mon argent.

Xavier lève soudain les yeux :

- Tu es courant qu'on a eu un deuxième incendie ?

Suite à ma réponse affirmative, Xavier continue sur le ton de la confidence :

- Tu sais, les gens, quand on leur dit ça, ils nous disent « Ah bon... ? » avec un air bizarre...

J'ai fait un effort pour réprimer le sourire qui m'est venu en pensant aux commentaires suspicieux de certains d'entre vous (je dénonce Bénédicte, Sous les galets, Ginger), et j'ai feint l'étonnement avant de demander, pour terminer la conversation sur une note plus joyeuse :

- Ton fils doit être fou d'impatience à l'approche du carnaval de l'école ?

- Exactement ! Et tu sais en quoi il va se déguiser ?

- Non... Dis-moi ?

- ... En pompier !

 extincteur (2)

      Au moins je sais quoi offrir la prochaine fois qu'ils nous invitent...


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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:05

 


Avertissement : ce billet est un pastiche du blog de Stiop

(Explications ici)

 

Savez-vous que certaines étoiles que nous voyons briller au dessus de nos têtes sont en réalité mortes depuis de longues années ? Ces astres éteints sont tellement éloignés de notre planète que la lumière nous en parvient encore alors qu'ils ont disparu depuis longtemps de notre galaxie.

Ouille ! De quoi donner le vertige. Vous imaginez ? Une étoile meurt, mais son ultime rayon brillera encore alors que dans le même temps des siècles d'histoire humaine seront ensevelis dans l'oubli.

Le fait ne laisse pas indifférent. Qu'y vois-je ? Une image de la persistance de l'âme après la mort ? Un aperçu de l'infinie vanité de la vie humaine ? Une lueur d'espoir irrationnelle dans les ténèbres ?

Ou bien une allégorie de l'art.

Car que sont ces œuvres que nous lisons encore des siècles après la mort de leurs auteurs, si ce n'est le rayon glorieux qui en jaillit à travers les âges ?

Par exemple, la semaine dernière, un blog que j'aime s'est éteint. Avec une régularité astronomique son auteur publiait chaque jour un billet qui, tour à tour, me faisait rire, m'émouvoir ou réfléchir. Mais tel une étoile filante il a disparu sans laisser d'adresse, si ce n'est son url.

Pourtant dans mon esprit, dans mes souvenirs, il brillera toujours. Et sa lumière rayonnera longtemps au firmament de la blogosphère.

 

etoile

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 07:00

Un ami et blogueur talentueux, Stiop, a annoncé la semaine dernière qu'il publiait son dernier billet.

C'est une grande déception car je me plaisais à découvrir chaque jour son article quotidien. Si vous ne le connaissez pas, je vous encourage à visiter son blog qui vous séduira comme il m'a charmée par la qualité de son style et l'atmosphère poétique et raffinée, empreinte à la fois d'humour et de nostalgie, qui se dégage de peintures justes et toujours inspirées du monde qui nous entoure.

C'est pourquoi, après avoir parodié le blog de Ginger puis celui de La Belette, et en invoquant son indulgence, j'ai tenu à offrir à Stiop, en guise d'hommage et de remerciement, un modeste et très imparfait pastiche de son blog.

Je vous laisse le découvrir tout en formant le voeu de relire bientôt, dans ses propres mots, l'auteur de La Vie des Autres.

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Qui Suis-Je ?

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  • : La trentaine, mariée, des enfants, une vie tout à fait banale en somme. Sauf que, aussi banale soit elle, la vie nous réserve toujours de pittoresques surprises. Une conversation, une gaffe, une confidence, une rencontre, une anecdote... ce sont ces faits saillants de la vie de tous les jours que je me décide à mettre par écrit.
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