Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 07:00

  Les soirées se suivent et ne se ressemblent pas. Après la rencontre entre blogueurs de samedi, nous étions invités lundi soir chez mes parents qui recevaient des relations de longue date. Il y a dix ans qu'ils ne s'étaient pas revus, mais Jacqueline et Michel Désert étaient ce soir-là de passage dans la région, suite à une grande réunion de famille où ils avaient retrouvé leurs quatre enfants, leurs gendres et belle-filles, et leur dizaine de petits-enfants.

  Une fois installés pour l'apéritif (un tout petit doigt de muscat pour Jacqueline, non, pas plus, merci), les invités répondent aux questions qui leurs sont posées au sujet de leurs enfants.

- Alors Florence et son mari sont à Berlin pour trois ans, Florence a dû quitter son poste de chef de clinique, elle s'attelle à une thèse sur l'éthique en psychiatrie, elle travaille avec des philosophes, elle s'est mise à l'allemand. Son mari s'occupe du parc d'occasions chez TOYOTA, ils ont quatre enfants. Céline et Marc partent pour le Brésil, ils ont toujours voulu partir à l'étranger, ils vont y passer trois ans avec leurs trois enfants, bien-sûr Céline va essayer de retrouver un poste, elle est chef de clinique aussi ; Marc, lui, travaille chez TOTAL, il vient de quitter l'Angola où il a passé un an en célibataire. Leurs enfants se mettent au portugais. Et puis Bruno et Julie sont à Strasbourg, Julie est vétérinaire, elle est spécialisée dans les bovins, elle a un poste très intéressant dans une coopérative – elle travaillait chez PFISER auparavant – Bruno l'a suivie, il fait de la recherche chez AEROTIM, ils ont trois enfants. Julien, lui, est toujours célibataire, il a trente et un ans, il est en fin de poste chez RENAULT, c'est un peu flou en ce moment, vu la conjoncture, il est question qu'il parte en Russie. Il s'est remis au rugby, mais il se blesse souvent et puis il a beaucoup grossi. Oui, il habite à côté de chez nous, mais, non... on ne le voit pas souvent.

  Polis, les invités nous retournent la question. “Vous êtes dans quelle branche ?” Mon mari décrit sa situation. Quand vient mon tour, j'explique que je m'occupe des ressources humaines de la famille. Le malaise est perceptible.

- Mais... tu as travaillé avant ?

  La réponse positive que je donne apporte un léger soulagement. Sans plus s'attarder sur mon propre compte, la conversation repart sur d'autres sujets, on cite ROLEX, la Banque de France, le métier d'avocat d'affaires, le Crédit agricole, Science Po, Ponts et Chaussées, statistiques de chômage, PIB, et de nombreux organismes aux sigles obscurs. Certains dans l'assemblée, que ce genre d'énumération laisse un peu froids, tentent de changer de sujet : Jacqueline et Michel sont allés visiter l'Angola l'année dernière quand leur fils Marc s'y trouvait, et ils se sont rendus à Berlin la semaine précédente chez leur fille Florence.

- Oui, les gens sont assez pauvres en Angola, en revanche ils ont tous un travail, les uns vendent des fruits, les autres poussent une charrue. Mais bien-sûr ça ne rapporte pas grand chose, explique Michel.

- Un peu de blanc de poulet, merci, non, non, moins que ça, c'est le soir, oui, une toute petite cuillerée de petits pois, supplie Jacqueline, qui, vu sa silhouette, n'a pas dû abuser des charcuteries allemandes.

  Les Désert sont retraités. Mais, outre leurs voyages, et le temps qu'ils passent notamment l'été à garder et véhiculer leurs petits-enfants à gauche et à droite, ils sont fort occupés.

- Je préside le conseil syndical de notre copropriété, j'ai aussi des responsabilités chez Afnor, l'arrivée des Eurocodes me donne pas mal de travail. Avec Jacqueline, nous faisons du soutien scolaire, et nous sommes chefs d'équipe dans un mouvement scout. J'ai une petite mission auprès d'AREVA pour l'EPR de Flamanville, et puis je me suis engagée en politique à l'occasion des présidentielles, j'ai apporté ma contribution à la rédaction du programme du Mouvement Démocrate.

- Et vous travailliez dans quel domaine ? demande mon mari.

- J'étais dans un bureau d'étude, AIRTY, qui est devenu PANDORMA par la suite.

  Nous n'en demanderons pas davantage : c'est peut-être l'heure qui se fait un peu tardive, mais je me sens de plus en plus fatiguée.

- Nous ne nous ennuyons pas du tout, mais le réveil va sonner tôt demain, nous allons vous laisser poursuivre la soirée.

  Nous sommes partis après le dessert. La journée avait été ensoleillée, la voiture était chaude, nous avons baissé les vitres. Avec délectation nous avons respiré l'air frais de la nuit.


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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 07:00

  Samedi soir dernier a eu lieu ma toute première rencontre inter-blogueurs. Nous étions donc quelques blogueurs réunis à la maison, notamment Ginger, Gustave Borjay, et La Belette accompagnée de son mari.

  Là où je me suis rendu compte que la situation manquait en fait un peu de naturel, c'est en répondant aux questions de mes enfants informés de la présence d'invités samedi soir.

- Il va y avoir des amis à la maison demain soir, vous pourrez venir pour l'apéritif si vous êtes sages.

- Ah bon, et comment ils s'appellent ?

- Il y aura Ginger, La Belette et son marido,... ai-je failli répondre. Avant de faire un énorme effort de mémoire pour me souvenir des vraies identités qui se cachent derrière ces pseudonymes (car, elles me le pardonneront peut-être, mais je prends la liberté de vous informer que Ginger, comme La Belette, portent un autre nom dans la vie réelle).

  J'ai rajouté, continuant à parler de La Belette et de son mari :

- Et vous savez, ils viendront avec leur petite fille, qui a votre âge.

- Ah bon, et comment elle s'appelle ?

- Chouquette. Euh, non... (S'en est suivi un deuxième énorme effort de mémoire pour retrouver son prénom).

- Et pourquoi ils ne sont jamais venus avant ?

  Je n'ai pas osé leur dire que je ne les avais tout simplement jamais rencontrés auparavant.

  La situation paraît insolite, certes. Pourtant, une fois les convives réunis, il n'a pas fallu plus d'une seconde pour que la conversation s'instaure avec un naturel déconcertant. Nos trois enfants et Chouquette sont partis jouer au loup dans les chambres, tout à fait indifférents à la façon dont leurs parents s'étaient rencontrés, pendant que, nous autres blogueurs et assimilés, nous nous lancions dans des conversations animées en tentant de retracer la façon dont nous étions tombés sur nos blogs respectifs.

  Le seul aspect étonnant, ce fut ce sentiment saisissant et immédiat de déjà bien nous connaître, et la constatation que chaque blog ressemble étrangement à son auteur – l'usage d'un pseudonyme n'y changeant pas grand chose... – sentiment qui se confirmera sans doute si, comme je l'espère, il m'est donné de participer à d'autres rencontres du même genre.


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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 07:00

  Dans le but de me reposer afin de ne pas faire commencer mes vacances d'été trop en avance sur la date prévue, mon mari et moi nous nous offrons depuis peu, et pour la toute première fois, les services d'une femme de ménage, dont je suis extrêmement satisfaite. Mais je suis obligée pour autant de vous mettre en garde, si vous souhaitiez en recruter une : c'est une expérience qui risque de vous causer des complexes.

 Je m'explique. Tout d'abord, il vous faut accepter de faire pénétrer chez vous une personne étrangère sans avoir préalablement remis en ordre toute votre habitation. La situation est inhabituelle, et surtout, de même que l'on a tendance à penser qu'un médecin ne tombe jamais malade, on peut avoir l'idée que la maison d'une femme de ménage est toujours bien rangée. Personnellement je n'ai pas réussi à me retenir, la toute première fois, de passer un demi coup d'éponge au lavabo avant son arrivée.

  Et en effet, l'expertise de votre femme de ménage risque fort de vous embarrasser.

- Pour le repassage, vous avez une centrale vapeur ?

- Euh, non, désolée...

- Et sinon, vous avez une raclette pour passer la serpillère ?

- Une quoi ? Ah non, je regrette...

- Le savon noir, c'est bien, mais ça ne sent pas autant le propre...

- Euh non, en effet, ça vous ennuie ?

  Arrêtez donc de vous sentir en tort. Après tout, c'est son métier, il est normal qu'elle en maîtrise mieux que vous les différents aspects.

  Par ailleurs, il vous faudra vous retenir d'intervenir à mauvais escient. Par exemple, si votre femme de ménage passe l'aspirateur en poussant le zèle jusqu'à déplacer fauteuils et canapés, ce qu'à titre personnel vous ne faites qu'une fois sur dix en considérant alors que vous avez accompli un exploit héroïque, il vous faudra beaucoup de cran pour ne pas vous précipiter en la suppliant de se donner un peu moins de mal. Ayez l'air de trouver ses réactions naturelles, même si cela vous demande un énorme effort. Contentez-vous de vous demander comment elle arrive en une demi-heure à abattre le travail que vous fournissez péniblement en une heure et demie, et encore beaucoup moins soigneusement.

  Enfin, dernier écueil délicat à surmonter : la crainte que votre femme de ménage ne vous prenne en flagrant délit de paresse pourrait vous pousser à redoubler d'activité en sa présence. Elle nettoie la cuisine, vous étendez le linge. Elle passe l'aspirateur, vous sortez le raccommodage. Elle manie la serpillère, vous astiquez l'argenterie. Résultat, elle vous laisse encore plus fatiguée que si elle n'était pas venue travailler chez vous.

  Voilà deux matinées que notre femme de ménage vient me soulager à la maison. Et je commence tout doucement à surmonter ces quelques complexes. Je vous avouerais même que je prends assez vite goût à cette fabuleuse expérience qui consiste à voir son intérieur devenir parfaitement propre et rangé sans avoir à lever le petit doigt...


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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 07:00

  Le mois de mai est désormais bien entamé, et il est grand temps de prévoir le programme de nos vacances d'été.

  Pour ma part, c'est fait. J'ai réservé mon séjour dans un endroit que je connais pour y avoir à plusieurs reprises passé quelques jours. C'est un établissement renommé qui ne désemplit pas, bien au contraire. Le niveau des prestations y est tout à fait satisfaisant : pension complète, chambres lumineuses parfaitement aménagées avec salle de bains confortable, service hôtelier impeccable (vous n'avez qu'à appuyer sur un petit bouton pour qu'aussitôt quelqu'un s'enquière de vos besoins), télévision et téléphone évidemment. Vous disposez aussi d'un grand parc, de halls vastes et accueillants, d'une cafétéria, d'une bibliothèque.

  Un coup de fil suffit pour réserver, mais attention, il faut souvent s'y prendre plusieurs mois à l'avance. L'accueil est très souple : il vous suffit de donner une date approximative d'arrivée, et, que vous débarquiez quelques jours plus tôt ou quelques jours plus tard, en cours de journée ou en pleine nuit, vous êtes toujours accueillie avec le même soin et le même empressement. Mon séjour aura lieu début septembre, peut-être fin août.

  Certains critiquent parfois les repas, jugés trop peu gastronomiques, ou la décoration un peu impersonnelle des chambres et des couloirs. Ce n'est certes pas le Ritz ou le Georges V, mais pour un établissement à vocation familiale, et aux tarifs plus qu'abordables, c'est on ne peut plus correct. Je connais une mère de famille de cinq enfants qui me disait adorer y séjourner. Du repos, pas de cuisine, ni de ménage, aucun lit à faire... elle en rêvait encore plusieurs années après.

  Ce qui change le plus dans ce genre de vacances, c'est qu'on y part seule, sans mari, sans enfants, pour changer de rythme, profiter d'un repos généreusement offert et amplement mérité.

  Seule... ou presque. Parce que ce séjour est avant tout l'histoire d'une rencontre.

  Vous arrivez seule, mais vous repartez à deux. Une personne dont vous ne connaissiez éventuellement même pas le prénom la veille, va partager votre chambre tout au long de votre séjour. C'est un inconnu, et pourtant votre rencontre restera gravée dans votre mémoire à jamais – il y a même toutes les chances pour que vous en fêtiez chaque année l'anniversaire. Il fera partie de votre famille. Quelques semaines plus tard, vous aurez du mal à imaginer votre vie sans lui.

  Cet été, après une telle rencontre, je ne reviendrai pas les bras chargés de souvenirs de vacances. En tout et pour tout, je rapporterai un petit bracelet bleu ou rose indiquant un prénom et une date de naissance, que je rangerai précieusement avec ceux de mes trois aînés, un certain nombre de photos, et le souvenir indélébile du tout premier regard que nous aurons échangé.


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Qui suis-je ?

  • : Bientôt trente ans, mariée, des enfants, une vie tout à fait banale en somme. Sauf que, aussi banale soit elle, la vie nous réserve toujours de pittoresques surprises. Une conversation, une gaffe, une confidence, une rencontre, une anecdote... ce sont ces faits saillants de la vie de tous les jours que je me décide à mettre par écrit.
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